{
  "model": "drbaph/OmniVoice-bf16",
  "device": "cuda:0",
  "dtype": "bfloat16",
  "language": "fr",
  "voice": "auto",
  "text": "SAMANTHA : La veille de la soirée quiz, je regardais les tout-petits réciter un poème pendant l’assemblée et j’ai remarqué que les partisans de Renata se trouvaient tous d’un côté et ceux de Madeline de l’autre, comme à un mariage, vous savez, chaque famille de son côté. Intérieurement, ça m’a fait rire.\n*\nQuestion timing, les assemblées de Pirriwee Public, qui mettaient toujours une éternité à démarrer et à prendre fin, laissaient à désirer. Mais pour ce qui était du lieu, il n’y avait rien à redire. Située au deuxième étage du bâtiment et dotée de grandes baies vitrées coulissantes sur toute sa longueur, la salle de réception donnait sur un immense balcon offrant au regard une magnifique vue sur l’océan. Ce matin, les baies vitrées, grandes ouvertes, laissaient entrer l’air vif de l’automne. Heureusement, car entre les pets des enfants, les parfums des serre-tête et les eaux de Cologne luxueuses de leurs époux, l’atmosphère pouvait devenir étouffante.\nMadeline regardait dehors, s’efforçant de penser à des choses heureuses. Elle se sentait d’assez mauvaise humeur, ce qui signifiait que le lendemain, les manifestations de son syndrome prémenstruel atteindraient des sommets. Mieux vaudrait que personne ne la contrarie à la soirée quiz.\n« Bonjour, Madeline, lança Bonnie. Bonjour, Ed. »\nElle prit place sur la chaise côté couloir près de Madeline, amenant avec elle une odeur de patchouli qui chatouillait les narines.\nMadeline sentit la main réconfortante de son mari se poser discrètement sur son genou.\n« Bonjour, Bonnie », répondit-elle d’un air las en jetant un coup d’œil par-dessus son épaule. N’y avait-il aucune autre place libre dans la salle ? « Comment vas-tu ?\n– Très bien. » Bonnie, en pantalon de yoga et débardeur, ramena sa tresse sur son épaule blanche, parsemée de grains de beauté foncés.\n« Tu n’as pas froid ? demanda Madeline.\n– Je viens de donner un cours de yoga Bikram.\n– C’est celui qui fait transpirer, non ? Tu n’as pas l’air en sueur.\n– J’ai pris une douche. Mais ma température interne est toujours assez élevée.\n– Tu vas attraper un refroidissement.\n– Non.\n– Oh que si ! » insista Madeline, consciente qu’à sa gauche, Ed se retenait de rire.\nElle profita d’avoir le dernier mot pour changer de sujet. « Nathan n’est pas là ?\n– Il avait du travail. Je lui ai dit qu’il ne raterait probablement pas grand-chose. Skye a tellement peur de monter sur scène qu’elle se cachera sûrement derrière les autres. » Bonnie sourit, puis : « Tout l’inverse de ta Chloe.\n– Ma Chloe, en effet. »\nTu ne pourras pas me la prendre, elle, poursuivit Madeline in petto.\nDire que cette étrangère savait ce que sa fille aînée avait pris au petit déjeuner alors qu’elle-même n’en avait pas la moindre idée. Scandaleux ! Elle avait beau connaître Bonnie depuis plusieurs années – les deux femmes avaient eu mille occasions de discuter en toute courtoisie – elle n’arrivait ni à la voir comme une vraie personne, ni à l’imaginer en train de faire des choses normales. Bougonner. Crier. S’écrouler de rire. Trop manger. Trop boire. Réclamer du papier toilette à tue-tête. Perdre ses clés de voiture. Rien qu’à l’entendre avec sa voix chantante de professeur de yoga à vous faire dresser les poils – elle ne pouvait pas parler normalement ? – Madeline se disait que Bonnie était soit une caricature, soit une extra-terrestre.\n« Je suis désolée que Nathan ne t’ait pas informée qu’il avait annulé le soutien de maths », dit-elle.\nPas ici, crétine. Toutes ces mères autour de nous ont l’ouïe fine, on lavera notre linge sale en famille.\n« Comme je l’ai dit à Nathan, question communication, nous avons des progrès à faire, poursuivit-elle. Ça prend du temps.\n– Bien », répondit Madeline. Ed resserra légèrement son étreinte sur sa jambe. Elle se tourna vers lui puis regarda Perry et Celeste assis à sa gauche, dans l’espoir de se mêler à leur conversation naturellement. Hélas, ils regardaient des photos sur le téléphone portable de Celeste, en riant tête contre tête tels deux adolescents qui roucoulent. Il n’y avait donc pas lieu de s’inquiéter de l’étrangeté de leur échange concernant la signature de la pétition.\nElle se tourna vers le devant de la salle, d’où provenait un tohu-bohu bruyant et mouvementé : les enfants n’étaient toujours pas assis, les enseignants s’affairaient avec la sono, les membres du gang des serre-tête se pressaient de-ci de-là, l’air important, très impliquées, comme tous les vendredis matin.\n« Abigail développe une vraie conscience sociale, reprit Bonnie. C’est étonnant à voir. Elle en fait tout un secret mais elle travaille sur un genre de projet caritatif, tu savais ?\n– Tant que sa conscience sociale ne l’empêche pas de faire ses devoirs, répliqua Madeline, se positionnant par là même comme l’abominable mère misanthrope. Elle veut devenir kinésithérapeute. J’en ai parlé avec Samantha, la maman de Lily. Elle dit qu’Abigail a besoin des maths.\n– À vrai dire, je crois qu’elle a changé d’idée. Elle s’intéresse de plus en plus au domaine de l’action sociale. Je trouve qu’elle ferait une excellente travailleuse sociale.\n– Abigail, une excellente travailleuse sociale ? N’importe quoi. Elle n’est pas assez solide. Elle se tuerait à essayer d’aider les autres, elle s’impliquerait trop dans leurs vies et… mon Dieu, ce serait un choix de métier totalement à côté de la plaque.\n– Tu crois ? fit Bonnie d’un ton rêveur. Oh, bon, de toute façon, elle a tout le temps de prendre une décision. Et d’ici là, elle changera probablement d’avis dix fois. »\nMadeline se surprit à faire la respiration du petit chien. Bonnie essayait de transformer Abigail en quelqu’un qu’elle n’était pas, quelqu’un qu’elle ne pouvait pas être. Une fois qu’elle en aurait terminé, il ne resterait plus rien de la vraie Abigail. Sa fille deviendrait une étrangère pour elle.\nMrs Lipmann monta avec grâce sur la scène puis se posta devant le micro, les mains jointes, un gentil sourire accroché sur les lèvres, en attendant que l’on remarque sa royale présence. Une serre-tête apparut sur scène, tripota le micro et repartit aussi vite qu’elle était venue. Au même moment, une institutrice de CM2 se mit à frapper dans ses mains – un battement rythmique et entraînant dont les pouvoirs magiques et hypnotiques eurent pour effet de faire taire les enfants instantanément. Ils se tournèrent vers elle et l’imitèrent comme un seul homme. (À la maison, ça ne fonctionnait pas ; Madeline avait déjà essayé.)\n« Oh ! fit Bonnie tandis que Mrs Lipmann levait la main pour obtenir le silence. J’ai failli oublier, reprit-elle en se penchant vers Madeline qui sentit son haleine douce et mentholée. Nous aimerions vous inviter à la maison tous les quatre pour fêter les quinze ans d’Abigail mardi prochain ! Je sais qu’Abigail adorerait avoir toute sa famille autour d’elle. À moins que ce soit trop délicat ? Qu’en dis-tu ? »\nDélicat ? Penses-tu, Bonnie ! Ce serait génial, parfait ! Madeline, reléguée au rang d’invitée au dîner d’anniversaire de sa propre fille. Nathan lui servirait à boire. Quand elle s’en irait, Abigail ne monterait pas dans la voiture avec elle, Ed, Fred et Chloe. Elle resterait là-bas, parce que maintenant, c’était chez elle.\n« Quelle bonne idée ! Qu’est-ce que j’apporte ? » chuchota- t-elle en serrant le bras d’Ed de toutes ses forces. Et voilà. Parler avec Bonnie, c’était comme accoucher. La douleur pouvait toujours devenir beaucoup plus forte.",
  "sample_rate": 24000,
  "num_step": 16,
  "output": "/home/newappai/easyreadvoice-theatre/livres_audio/petits_secrets/tmp/52.wav",
  "timing": {
    "load_seconds": 1.4865944199991645,
    "generation_seconds": 62.38083162000112,
    "audio_seconds": 442.3,
    "realtime_speedup": 7.090319069394799
  },
  "vram": {
    "allocated": 1.8997225761413574,
    "reserved": 2.541015625,
    "peak_allocated": 2.192227840423584,
    "peak_reserved": 2.541015625
  },
  "validation": {
    "finite": true,
    "nonzero": true,
    "num_samples": 10615200
  },
  "backend": "gpu-ssh",
  "server": {
    "hostname": "newappai-B550M-AORUS-ELITE",
    "python": "/home/newappai/omnivoice-test/.venv-gpu/bin/python",
    "script": "/home/newappai/.local/share/omnivoice/remote_gpu_request.py",
    "device": "cuda:0"
  }
}
