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  "text": "Madeline essayait de résister aux affreux symptômes physiques et émotionnels qui l’assaillaient. En vain. Satané syndrome prémenstruel ! C’est moi qui décide de mon humeur, dit-elle in petto en avalant plusieurs gélules d’huile d’onagre, comme on prendrait du Valium. Parfaitement inutile – lesdites gélules n’avaient d’effet que prises régulièrement, elle le savait ; et encore, si effet elles avaient ! – mais ne devait-elle pas tenter quelque chose ? Évidemment, il fallait que ça tombe le jour de la rentrée de Chloe ! C’était rageant. Elle aurait préféré mettre son acrimonie sur le dos d’un tiers – dans l’idéal, son ex-mari, mais difficile de le tenir pour responsable de son cycle. À coup sûr, Bonnie dansait au clair de lune pour faire face aux aléas de ses petits problèmes féminins.\nLe syndrome prémenstruel restait un phénomène relativement nouveau pour Madeline. Un autre signe, ô combien agréable, de vieillissement. Avant, elle n’y croyait pas vraiment. Puis, à l’approche de la quarantaine, son corps lui avait clairement dit : OK, tu ne crois pas aux hormones qui s’affolent ? Ben, je vais te montrer, moi ! Tiens, garce, prends ça !\nDepuis, un jour par mois, elle n’avait d’autre choix que de simuler. Tout simuler : son amour pour ses enfants, son amour pour Ed, jusqu’à sa plus simple humanité. Avant d’en faire l’expérience, elle avait été consternée d’apprendre que dans certaines affaires de meurtre, des femmes invoquaient le syndrome prémenstruel pour leur défense. À présent, elle comprenait. Aujourd’hui par exemple, elle truciderait volontiers quelqu’un. Elle avait même le sentiment qu’on devrait lui reconnaître une force de caractère exceptionnelle du fait qu’elle s’en abstienne.\nSur le trajet de l’école, elle effectua des exercices de respiration profonde pour apaiser sa mauvaise humeur. Heureusement, Fred et Chloe ne se chamaillaient pas à l’arrière. Ed, quant à lui, conduisait tout en fredonnant doucement – oui, l’inutile, l’infatigable gaieté de Monsieur était intolérable, mais au moins, il n’avait pas tenu à porter son polo blanc, celui qui était à la fois trop petit et taché de sauce tomate même s’il prétendait le contraire. Ed avait enfilé une chemise propre. Aujourd’hui, le syndrome prémenstruel ne gagnerait pas. Il ne gâcherait pas cette journée historique.\nEd trouva une vraie place de parking tout de suite et, comble du miracle, les enfants descendirent de voiture sans rechigner.\n« Bonne année, Mrs Ponder ! » s’écria Madeline en passant devant la petite maison blanche en fibrociment à côté de l’école. La vieille dame replète s’était installée sur une chaise pliante sous son porche avec une tasse de thé et le journal.\n« Bonjour ! répondit-elle avec enthousiasme.\n– Ne t’arrête pas, ne t’arrête pas », siffla Madeline à l’oreille de son mari qui commençait à ralentir le pas. Il aimait bien papoter avec Mrs Ponder (elle avait servi comme infirmière à Singapour pendant la guerre). Avec tout le monde d’ailleurs, même s’il avait une préférence pour les plus de soixante-dix ans.\n« Chloe fait sa première rentrée ! lança-t-il. Un grand jour !\n– Ah, comme c’est mignon ! »\nIls poursuivirent leur chemin.\nPour l’heure, tel un cavalier qui mate un cheval fougueux, Madeline tenait son humeur en bride.\nDans la cour de récréation, de nombreux adultes discutaient tranquillement tandis que leur progéniture criait et courait dans tous les sens avant de revenir dans leurs jambes, telles des billes de flipper à la trajectoire immuable. On repérait les parents des élèves de petite section à leur sourire heureux et nerveux, les serre-tête à leur manie de toucher leurs cheveux et les mères des CM2 à leur façon de s’animer au sein des cercles restreints et impénétrables qu’elles formaient de-ci de-là, fortes de leur statut de reines de Pirriwee.\nAh, n’était-ce pas plaisant ? La brise du large, le visage radieux des enfants et, oh, putain de merde, son ex-mari.\nBien sûr, elle savait qu’il serait là, mais quel toupet d’avoir l’air tellement à son aise et content de lui dans sa cour de récréation à elle. Le père parfait. Pire que ça, il était en train de prendre une photo de Jane et Ziggy (ses connaissances à elle !) accompagnés d’un couple charmant – sûrement les parents de Jane bien qu’ils semblent à peine plus âgés que Madeline. En plus, il était nul comme photographe. Ne comptez pas sur Nathan pour remplir votre album souvenir ! Ne comptez pas sur Nathan tout court.\n« Il y a le papa d’Abigail, dit Fred. J’ai vu sa voiture devant l’école. » Nathan conduisait une Lexus jaune canari. Pauvre Fred ! Il aurait bien aimé avoir un papa qui s’intéresse aux voitures. Hélas, Ed n’était pas fichu de mettre ne serait-ce qu’un nom sur le moindre modèle.\n« Ma demi-sœur, là-bas ! » s’exclama Chloe en montrant la fille de Nathan et Bonnie. Avec son immense uniforme, ses grands yeux tristes et ses longs et fins cheveux blonds, Skye semblait tout droit sortie des Misérables. Madeline le voyait venir gros comme une maison : Chloe allait adopter Skye, qui correspondait en tous points aux gamines qu’elle-même aurait pris sous son aile quand elle allait à l’école. Chloe inviterait Skye à la maison pour la coiffer comme une poupée.\nPile à ce moment-là, Skye cligna des yeux plusieurs fois à cause d’une mèche de cheveux qui la gênait. Madeline manqua défaillir. Cette façon de battre des paupières, c’était Abigail tout craché. Un fragment de l’enfant de Madeline, de son passé, de son cœur. Un ex ne devrait pas avoir d’autres enfants. Ça devrait être illégal.\n« Pour la dix millième fois, Chloe, siffla Madeline, Skye est la demi-sœur d’Abigail, pas la tienne !\n– Respire, dit Ed. Respire profondément. »\nNathan rendit son appareil photo à Jane puis s’avança vers eux. Depuis quelque temps, il se laissait pousser les cheveux. Gris et épais, ils flottaient sur son front, façon Hugh Grant, version australienne. Madeline le soupçonnait de bouder son coiffeur pour damer le pion à Ed qui était pratiquement chauve à présent.\n« Maddie ! » Nathan était la seule personne au monde à l’appeler ainsi. Ce qui autrefois lui procurait un immense plaisir l’agaçait aujourd’hui au plus haut point.\n« Ed, salut, mec ! Et voici la petite… euh, c’est ton premier jour d’école, à toi aussi, non ? » Nathan ne s’était jamais donné la peine de retenir le prénom des enfants de Madeline. « Hey, tope-la, champion ! » s’exclama-t-il en tendant la main à Fred. Le garçonnet s’exécuta, trahissant sa pauvre mère.\nNathan embrassa Madeline sur la joue et serra la main d’Ed avec enthousiasme. Il en faisait toujours un peu trop quand il croisait son ex-femme et sa famille.\n« Nathan ! » dit Ed en prononçant son prénom avec les inflexions qu’il lui réservait toujours : une voix plus profonde, plus traînante que d’ordinaire et une insistance particulière sur la deuxième syllabe. Nathan tiquait systématiquement, ne sachant pas très bien si Ed se moquait de lui ou pas. D’ordinaire, cela suffisait à garder Madeline dans de bonnes dispositions. Aujourd’hui, ce n’était pas le cas.\n« C’est un grand jour, un grand jour ! dit Nathan. Vous êtes déjà passés par là, mais pour nous, c’est une première ! Je l’avoue sans honte : j’ai écrasé une larme en voyant Skye en uniforme. »\nMadeline fut incapable de se contenir. « Skye n’est pas ton premier enfant à entrer à l’école, mon cher. »\nNathan piqua un fard. Ne pas verser dans la rancune. C’était une règle tacite entre eux. Règle qu’elle venait d’enfreindre. Mais bon sang ! Seule une sainte aurait laissé passer ça. Abigail allait à l’école depuis déjà deux mois quand Nathan s’en était rendu compte. Il avait téléphoné en plein milieu de la journée, histoire de papoter avec sa fille. « Elle est à l’école », avait dit Madeline. « À l’école ? » avait-il bafouillé. « Elle n’est pas trop petite pour aller à l’école ? »\n« Puisqu’on parle d’Abigail, Maddie, serais-tu d’accord pour qu’on inverse les week-ends cette semaine ? C’est l’anniversaire de la mère de Bonnie samedi, nous dînons tous dehors. Elle aime beaucoup Abigail. »\nBonnie se matérialisa à ses côtés, un sourire béat sur les lèvres. Elle souriait toujours comme ça. Madeline la soupçonnait de consommer des substances illicites.\n« Ma mère et Abigail ont des rapports tellement particuliers », confia-t-elle à Madeline, comme si ça pouvait lui faire plaisir de l’apprendre.\nHonnêtement, qui apprécierait que sa fille entretienne « des rapports tellement particuliers » avec la mère de la nouvelle femme de son ex ? Seule Bonnie pouvait s’imaginer que vous aviez envie de le savoir, et pourtant, il aurait été mal venu de se plaindre, n’est-ce pas ? Ou même de penser « Ferme-la, connasse », parce que Bonnie n’en était pas une. Du coup, la seule chose que Madeline pouvait faire, c’était rester là, souriante, et acquiescer, alors que son humeur hennissante donnait des coups de sabot et tirait sur les rênes.\n« Bien sûr, aucun problème.\n– Papa ! » Skye s’agrippa à la chemise de Nathan qui la souleva avant de l’installer sur sa hanche sous le regard attendri de Bonnie.\n« Désolé, Maddie, mais je ne suis pas fait pour ça ». Voilà ce que Nathan lui avait annoncé alors qu’Abigail, bébé grognon de trois semaines, n’avait pas dormi plus de trente-deux minutes d’affilée depuis qu’elles étaient rentrées à la maison. Madeline avait dit : « Moi non plus » en bâillant. Sans comprendre qu’il fallait le prendre au pied de la lettre. Une heure plus tard, elle l’avait regardé, aussi stupéfaite qu’incrédule, mettre ses vêtements dans son long sac de cricket rouge. Il avait posé les yeux sur la petite, brièvement, comme si elle appartenait à un autre, puis tourné les talons. Jamais, au grand jamais, elle ne pardonnerait ou n’oublierait ce micro-coup d’œil qu’il avait jeté sur son magnifique bébé, sa propre fille. Et maintenant, c’était une adolescente qui préparait son déjeuner elle-même, prenait le bus toute seule pour aller au lycée et lançait au-dessus de son épaule lorsqu’elle partait : « N’oublie pas, ce soir, je dors chez papa. »\n« Bonjour Madeline », dit Jane.\nComme lors de leur dernière rencontre, Jane portait un tee-shirt à encolure en V blanc (à croire qu’elle en avait toute une collection dans sa garde-robe !), la même jupe en jean, les mêmes tongs, cette même queue-de-cheval si serrée qu’elle devait lui faire mal. Dans sa bouche, un chewing-gum qu’elle mâchait discrètement. Sa simplicité apaisa Madeline sans qu’elle comprenne vraiment pourquoi. Un réconfort comparable aux toasts tout bêtes dont on rêve après une vilaine grippe.\n« Jane, dit-elle avec chaleur. Comment vas-tu ? Je vois que tu as déjà fait connaissance avec mon délicieux ex-mari et sa famille.\n– Ho, ho, ho », fit Nathan à la manière du père Noël. Sans doute ne trouva-t-il pas d’autre réponse à la pique de Madeline.\nCelle-ci sentit la main de son mari sur son épaule – un avertissement : elle frôlait la grossièreté.\n« En effet, répondit Jane, impassible. Voici mes parents, Di et Bill.\n– Bonjour ! Votre petit-fils est magnifique. » Faisant peu de cas de la mise en garde d’Ed, Madeline s’avança pour leur serrer la main. Des gens charmants. Ça se voyait au premier coup d’œil.\n« À vrai dire, nous pensons que Ziggy est la réincarnation de mon père adoré, déclara la mère de Jane, les yeux pétillants.\n– Pas du tout », dit son mari. Il sourit en regardant Chloe qui tirait sur la robe de Madeline. « Voilà votre petite dernière, on dirait ? »\nChloe tendit une enveloppe rose à sa mère. « Tu peux garder ça, maman ? C’est une invitation à la fête d’Amabella. Il faut venir déguisé en quelque chose qui commence par A. Moi, j’irai en princesse. » Puis elle fila.\n« Apparemment, le pauvre petit Ziggy ne sera pas de la partie, commenta la mère de Jane à voix basse.\n– Maman, dit Jane, laisse tomber.\n– Quoi ? fit Madeline. Comment ose-t-elle distribuer ces enveloppes dans la cour de récréation si elle n’invite pas toute la classe ? »\nElle chercha Renata des yeux et tomba sur Celeste qui passait le portail, en retard comme à son habitude, tenant les jumeaux par la main, belle à couper le souffle. Madeline surprit un père qui venait de la voir, regarder à deux fois et manquer de trébucher sur un cartable. C’en était comique. À croire qu’il venait de voir une extra-terrestre.\nRenata apparut dans son champ de vision, se dirigeant droit sur Celeste avec deux enveloppes roses.\n« Je vais la tuer », dit Madeline.\n*\nMRS LIPMANN : Écoutez, je préfère ne rien dire de plus. Laissez-nous en paix, nous le méritons bien. Un parent a trouvé la mort. Toute la communauté éducative est en deuil.\nGABRIELLE : Mouais, je ne dirais pas ça. Toute la communauté éducative, c’est peut-être un peu exagéré.\n*\nCeleste vit un homme se prendre les pieds dans un cartable en la regardant.\nElle devrait peut-être prendre un amant. Histoire de provoquer quelque chose, précipiter son mariage du haut de la falaise – il s’en approchait inexorablement depuis tant d’années.\nMais l’idée d’aller avec tout autre homme que Perry lui donnait une sensation de lourdeur, d’apathie. Quel ennui ce serait. Les autres hommes ne l’intéressaient pas. Grâce à Perry, elle se sentait en vie. Si elle le quittait, elle vivrait dans la solitude, la chasteté et le vide. C’était injuste. Il l’avait souillée. Abîmée.\n« Tu me serres trop fort, protesta Josh.\n– Moi aussi, maman, renchérit Max.\n– Désolée, les garçons. »\nLa journée avait mal commencé. D’abord, il y avait eu ce problème abyssal avec une des chaussettes de Josh. Malgré tous ses efforts, elle n’avait pas pu le résoudre. Ensuite, Max n’avait pas réussi à mettre la main sur un bonhomme Lego bien particulier qu’il lui fallait absolument sur-le-champ.\nIls avaient réclamé leur père à chaudes larmes. Ils se moquaient bien de savoir qu’il était à l’autre bout du monde. Ils le voulaient, un point c’est tout. Celeste aussi d’ailleurs. Il aurait su arranger cette maudite chaussette, trouver ce satané bonhomme. Elle avait toujours su que préparer les enfants pour l’école représenterait pour elle une lutte quotidienne. C’était une lève-tard, les enfants aussi, et généralement, le matin, mieux valait les laisser tranquilles. Perry, lui, se levait de bonne humeur et en pleine forme. S’il avait été là aujourd’hui, ils seraient arrivés en avance pour leur premier jour d’école. Il y aurait eu des rires dans la voiture, pas ce silence entrecoupé de tremblements pathétiques provenant de la banquette arrière.\nElle avait fini par leur donner une sucette qu’ils avaient toujours dans la bouche tandis qu’elle les faisait descendre de la voiture et que la mère d’un élève de maternelle, rencontrée au cours de la matinée d’intégration, passait à côté, gratifiant les garçons d’un gentil sourire et Celeste d’un regard en coin qui signifiait « Mauvaise mère ! ».\n« Chloe et Ziggy sont là ! s’exclama Josh.\n– Viens ! On va les tuer ! répondit Max du tac au tac.\n– Les garçons, ne parlez pas comme ça ! » Mon Dieu, songea Celeste. Quelle image cela pouvait-il renvoyer ?\n« C’est pour de faux, maman, dit Josh avec douceur. Chloe et Ziggy, ils trouvent ça rigolo.\n– Celeste ! Vous êtes bien Celeste, n’est-ce pas ? » Une femme se posta devant elle tandis que les jumeaux filaient en courant. « Nous nous sommes rencontrées à la boutique d’uniformes il y a quelques semaines. Votre mari était là aussi. » Puis, posant la main sur sa poitrine : « Renata, la maman d’Amabella.\n– Oui, bien sûr ! Bonjour, Renata, dit Celeste.\n– Perry n’a pas pu se libérer aujourd’hui ? demanda-t-elle en regardant autour d’elle, espérant le voir apparaître.\n– Il est à Vienne. Il voyage beaucoup pour son travail.\n– Oui, je m’en doute, répondit-elle d’un air entendu. Je me suis dit que son visage m’était familier l’autre jour, alors j’ai tapé son nom dans Google en rentrant à la maison et là, ça a fait tilt ! Perry White ! LE Perry White ! J’ai assisté à plusieurs de ses conférences. Moi aussi je suis dans la finance ! »\nSuper. Une groupie de Monsieur. Celeste se demandait souvent ce qu’en penseraient toutes ces femmes si elles le voyaient à l’œuvre en dehors du monde de la banque.\n« Voici des invitations à la fête d’anniversaire d’Amabella, poursuivit Renata. Perry et vous êtes bien évidemment conviés. Un moyen agréable pour les parents d’apprendre à se connaître !\n– Formidable ! » Celeste rangea les deux enveloppes dans son sac.\n« Bonjour, mesdames ! » dit Madeline en approchant, vêtue d’une magnifique robe de créateur qui ne faisait en rien oublier ses joues empourprées et son regard lourd de menaces. « Merci pour l’invitation à la fête d’Amabella.\n– Oh là là ! Amabella les distribue ? » Renata fronça les sourcils en tapotant son sac à main. « Elle a dû les prendre. Moi qui comptais les donner discrètement aux parents.\n– Oui, parce qu’il apparaît clairement que toute la classe est invitée, à l’exception d’un petit garçon.\n– Je suppose que tu parles de Ziggy, l’enfant qui a laissé des marques sur le cou de ma fille. Alors en effet, il n’a pas trouvé sa place sur la liste des invités. Quelle surprise, n’est-ce pas !\n– Arrête un peu, Renata. Tu ne peux pas faire ça.\n– Ah non ? Traîne-moi en justice ! » Renata jeta un regard complice à Celeste.\n« Euh », commença-t-elle, gênée. Elle n’avait aucune envie d’être mêlée à tout ça.\n« Je suis navrée, Renata, interrompit Madeline avec un sourire majestueux. Mais Chloe ne pourra pas venir à la fête. »\nRenata marqua un temps d’arrêt.\n« Quel dommage, articula-t-elle en tirant sur la bandoulière de son sac comme si elle ajustait une armure. Tu sais quoi ? Je préfère mettre fin à cette conversation avant de dire des choses que je pourrais regretter. » Puis, en direction de Celeste : « Heureuse de vous avoir revue. »\nMadeline la regarda s’éloigner, l’air revigoré.\n« C’est la guerre, Celeste, lança-t-elle gaiement. La guerre. C’est moi qui te le dis !\n– Oh, Madeline », soupira Celeste.\n*\nHARPER : Je sais qu’on a tous tendance à mettre Celeste sur un piédestal, mais question nutrition, elle n’a pas toujours fait les meilleurs choix pour ses enfants. J’ai vu les jumeaux manger des sucettes de bon matin le jour de la rentrée !\nSAMANTHA : Les parents sont en effet enclins à se juger les uns les autres. J’ignore pourquoi. Peut-être parce que aucun de nous ne sait vraiment ce qu’il fait. J’imagine que cela peut parfois conduire à des conflits. Quoique celui-ci soit cette fois d’une ampleur inédite.\nJACKIE : Je n’ai ni le temps ni l’envie de juger les autres parents. Mes enfants ne sont pas toute ma vie.\nINSPECTEUR ADRIAN QUINLAN : En parallèle de l’enquête pour meurtre, nous envisageons d’inculper plusieurs parents pour voie de fait. Nous sommes profondément choqués de constater qu’un groupe d’adultes ait pu se comporter de la sorte.",
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